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Fleury-sur-Andelle : quelle chaux tient dans l'air de la vallée

À Fleury-sur-Andelle, l'air du fond de vallée ne sèche jamais tout à fait : quelle chaux tient sur un mur ancien, et à quelle saison la poser.

Terrain / 8 min de lecture
Taloche et seau de mortier de chaux hydraulique devant un mur de moellons calcaires et silex, enduit frais à moitié posé, brume de fond de vallée
Un corps d'enduit posé en deux passes minces prend beaucoup mieux qu'une couche épaisse dans un air de vallée qui ne tire pas l'eau.

À Fleury-sur-Andelle, le choix du liant ne se fait pas comme sur le plateau qui domine la commune. Un mur ancien de fond de vallée travaille dans un air qui ne se vide jamais complètement de son eau : brouillards du matin, rosées longues, air froid qui descend des coteaux la nuit et stagne au ras des jardins. Ce climat de proximité ne change rien à la composition de la pierre, mais il change tout à la façon dont un mortier durcit. Une chaux aérienne pure, qui a besoin d'un mur qui sèche pour prendre, y met un temps déraisonnable et donne souvent un enduit tendre des mois après la pose. Une chaux hydraulique naturelle, elle, tient une part de sa prise sans rien demander à l'air. C'est cette différence-là qu'il faut comprendre avant de commander des sacs.

Ce que l'air de la vallée fait à un mortier

Un mortier de chaux ne sèche pas comme une peinture. Il durcit par des réactions chimiques, et ces réactions ont besoin d'un état d'humidité précis dans les pores du mortier frais. Trop sec, elles s'arrêtent. Trop mouillé, elles s'arrêtent aussi — mais pas pour les mêmes raisons, et c'est ce second cas qui domine ici.

Un fond de vallée cumule trois choses. D'abord une nappe et un cours d'eau proches, qui entretiennent une humidité de fond dans le sol et dans l'air. Ensuite un relief qui enferme : l'air froid, plus lourd, glisse la nuit le long des versants et s'accumule au point bas, ce qui fait descendre la température sous le point de rosée bien plus tôt qu'en haut. Enfin un ensoleillement raccourci en saison froide, parce que les coteaux masquent un soleil déjà bas et retardent le moment où une façade commence à chauffer.

Le résultat concret, pour un mur : entre octobre et mars, une façade orientée au nord ou à l'est peut rester mouillée en surface la plus grande partie de la journée. Elle ne reçoit pas forcément plus de pluie qu'ailleurs. Elle rend simplement beaucoup moins vite l'eau qu'elle a prise. C'est la même mécanique que celle décrite dans pourquoi les murs de Louviers ne sèchent pas comme ceux du Neubourg : deux murs de matière identique, deux vitesses de séchage, deux comportements.

Cet article ne parle ni du diagnostic d'humidité, ni de ce qu'il faut faire au pied d'un mur qui remonte. Il parle du liant, du mortier, et du moment où on le pose.

Pourquoi une chaux aérienne pure carbonate mal ici

La chaux aérienne, vendue en pâte ou en poudre, durcit par carbonatation : elle capte le gaz carbonique de l'air et redevient lentement du carbonate de calcium, c'est-à-dire, chimiquement, de la pierre calcaire. C'est un liant admirable pour un mur ancien, très souple, très perméable à la vapeur, capable d'encaisser des mouvements. Sur un pignon bien exposé du plateau, il n'y a souvent rien de mieux.

Encore faut-il que le gaz carbonique puisse entrer.

La carbonatation demande un mur qui se vide de son eau

Le gaz carbonique circule dans l'air contenu par les pores du mortier. Il se dissout ensuite dans le mince film d'eau qui tapisse ces pores, et c'est là que la réaction a lieu. Il faut donc de l'eau, mais peu : un film, pas un remplissage. Si les pores restent gorgés, le gaz doit traverser de l'eau liquide au lieu de traverser de l'air, et sa progression devient des milliers de fois plus lente. La prise ne s'arrête pas tout à fait, elle se réduit à presque rien.

Dans un air qui reste très humide plusieurs jours d'affilée, l'enduit ne parvient jamais à cet état intermédiaire. Il évacue son eau de gâchage par le haut de sa gamme, très lentement, et se maintient dans une zone où la carbonatation n'avance qu'à peine. Sur un mur de fond de vallée, une aérienne pure en corps d'enduit peut rester molle au grattage d'ongle des mois après la pose, et prendre plusieurs saisons pour durcir en profondeur.

La carbonatation progresse en outre de la surface vers le cœur, quelques millimètres par mois dans de bonnes conditions. Un corps d'enduit épais posé en une passe, dans un air saturé, garde longtemps un cœur qui n'a pas pris : le mur paraît fini, il ne l'est pas.

Un enduit aérien qui n'a pas carbonaté correctement se reconnaît sans matériel :

  • il farine sous la main plusieurs mois après la pose, et laisse une poudre blanche sur les doigts ;
  • l'ongle y laisse une rayure profonde là où un mortier pris résiste ;
  • il se creuse au ruissellement sous les appuis de fenêtre et dans l'axe des descentes ;
  • il grise très vite, parce qu'une surface tendre retient les salissures et l'humidité ;
  • il se couvre de voiles blanchâtres au premier hiver, l'eau ressortant en emportant de la chaux libre.
Un enduit qui farine longtemps après la pose n'est pas un enduit sale. C'est un enduit qui n'a pas fini de prendre — et dans un air qui ne sèche pas, il peut ne jamais finir.

Ce n'est pas un défaut du produit. C'est un produit mis dans des conditions qui ne sont pas les siennes. La distinction générale entre les deux familles de liants est développée dans chaux aérienne ou hydraulique : quel liant pour quel mur ancien ; ce qui suit en tire les conséquences pour un mur de vallée.

Ce qu'une chaux hydraulique naturelle apporte

Une chaux hydraulique naturelle — les sacs marqués NHL — est cuite à partir d'un calcaire naturellement argileux. La cuisson forme, à côté de la chaux libre, des silicates et des aluminates de calcium. Ces composés-là réagissent avec l'eau, pas avec l'air.

Un mortier de NHL durcit donc en deux temps. Une prise hydraulique d'abord, dans les jours qui suivent le gâchage : elle se produit à l'intérieur du mortier, sans que l'air ait à intervenir, et elle donne à l'enduit une cohésion précoce. Une carbonatation ensuite, lente, sur la chaux libre restante, qui continue pendant des mois et achève de fermer la matière.

L'intérêt en fond de vallée est direct : la première prise ne dépend pas d'un séchage qui n'arrivera pas. Un enduit posé fin septembre à Fleury-sur-Andelle aura acquis l'essentiel de sa tenue mécanique avant que l'automne ne l'installe dans le brouillard. Il finira de carbonater à son rythme, au printemps suivant, mais il ne sera plus vulnérable entre-temps.

Cette double prise a un coût : une NHL est plus rigide et moins perméable à la vapeur qu'une aérienne. On échange de la souplesse contre de la fiabilité de durcissement. Sur un mur ancien, cet échange n'est acceptable que dans un sens — vers le liant le plus faible qui fasse le travail — et jamais vers le ciment, dont la rigidité et l'étanchéité reportent toutes les contraintes sur la pierre.

NHL 2, NHL 3,5, NHL 5 : ce que le chiffre change

Le chiffre indique une classe de résistance à vingt-huit jours, en mégapascals. Il ne mesure pas une qualité, il désigne une dureté — et sur un mur ancien, plus dur veut souvent dire pire.

  • NHL 2 : la plus douce, la plus proche d'une aérienne par le comportement, mais avec un début de prise hydraulique. C'est le liant des finitions, des badigeons épais, des enduits sur supports tendres et des remplissages de pan de bois.
  • NHL 3,5 : le compromis courant. Elle prend franchement, reste nettement plus souple qu'un ciment, et convient à la plupart des corps d'enduit et des rejointoiements sur maçonnerie de moellons. Dans une vallée humide, c'est le point de départ raisonnable pour la sous-couche.
  • NHL 5 : la plus dure. Elle a des emplois précis — assises très exposées au ruissellement, ouvrages en contact permanent avec l'eau — et devient nuisible dès qu'on la généralise à une façade, parce qu'elle finit plus dure que la pierre qu'elle enrobe.

La règle qui vaut partout vaut ici : le mortier doit rester plus tendre que le support, pour que l'usure se fasse dans le joint et non dans la pierre. Sur un moellon calcaire tendre, une NHL 3,5 est déjà une décision qu'il faut savoir justifier ; sur du silex, dont la dureté est tout autre mais dont les joints sont larges, elle passe sans difficulté.

Le support commande autant que l'air

Le climat local oriente le choix, il ne le dicte pas seul. Un mur de la vallée de l'Andelle n'est pas fait d'une seule matière, et ce qui compose le parement pèse autant que l'hygrométrie.

Trois cas se rencontrent couramment dans le bâti de fond de vallée du secteur.

Une maçonnerie de moellons calcaires avec lits de silex, montée au mortier de chaux et de sable de rivière : c'est le cas le plus fréquent des maisons d'avant le vingtième siècle. Elle accepte une NHL 3,5 en corps d'enduit et demande une NHL 2 en finition, pour que la couche vue reste la plus souple des trois.

Une maçonnerie mêlant brique et pierre, aux encadrements et aux chaînages : la brique ancienne est plus fragile qu'elle n'en a l'air et supporte mal un joint dur. On descend d'un cran, et on regarde du côté d'un mortier chargé en brique pilée : il apporte une hydraulicité douce sans monter en dureté.

Un pan de bois avec remplissage, enfin, qui impose la souplesse maximale et interdit toute rigidité au contact du bois. Là, une hydraulique forte fissure au raccord et laisse l'eau descendre le long du poteau.

Dans tous les cas, la question à se poser d'abord n'est pas « quelle chaux ? » mais « qu'est-ce que ce mur laisse passer ? ». C'est le sens de la perspirance, et c'est la seule notion qui empêche de faire une bêtise durable.

Doser et gâcher dans un air déjà humide

Le liant choisi, il reste à le mettre en œuvre — et l'air de la vallée intervient une seconde fois, à ce moment-là.

L'eau de gâchage, qu'il faut serrer

Le réflexe de tout mortier trop raide est d'ajouter de l'eau. Dans un fond de vallée, cette eau supplémentaire ne partira pas. Le sable est souvent déjà humide au fond du sac ou sous la bâche, le support est rarement sec, l'air ne tire pas. Un mortier gâché trop mouillé donnera un enduit plus poreux, plus faible, plus long à prendre, et davantage sujet aux voiles de chaux qui remontent en surface.

Le geste utile est de gâcher légèrement plus ferme que d'habitude, de laisser reposer le mortier quelques minutes, puis de le rebattre sans ajout d'eau. On récupère de la plasticité sans avoir chargé le mélange. Un mortier de chaux se travaille bien dans un état gras et court, pas coulant.

Il faut aussi surveiller le sable. Un sable stocké dehors dans cette vallée peut porter plusieurs pour cent d'eau après une semaine de brouillards : le dosage réel s'en trouve décalé sans que personne l'ait décidé. Un tas protégé, sur palette et bâché, n'est pas une coquetterie de chantier propre, c'est une condition de régularité du mortier.

Le sable fait la moitié du travail

On discute beaucoup du liant et presque jamais du sable, alors que c'est lui qui donne la structure du mortier et son aptitude à laisser circuler la vapeur. Un sable roulé de rivière, aux grains arrondis, donne un mortier plus gras et plus facile à lisser ; un sable de carrière, anguleux, accroche mieux et se tient davantage en épaisseur. Une granulométrie étalée — du fin au gros — laisse moins de vides à combler par le liant, donc moins de retrait et moins de fissures de peau.

Dans un contexte humide, un mortier bien gradué est un mortier qui garde des pores ouverts et continus, ce qui permet à l'eau de ressortir. Un mortier trop fin, trop chargé en liant, se ferme et retient. La couleur finale dépend elle aussi du sable bien plus que du liant.

Une règle tient tout le reste : un corps d'enduit se pose en deux passes minces plutôt qu'une épaisse, avec un délai entre les deux. Deux couches minces prennent beaucoup mieux qu'une couche épaisse dans un air qui n'aide pas.

La saison de pose, dans une vallée qui ne sèche jamais

C'est le point que l'on néglige le plus, et celui qui décide du résultat autant que le sac choisi. Poser à la mauvaise saison en fond de vallée, c'est mettre un bon mortier dans des conditions où il ne peut pas prendre.

Le printemps et le début d'été : la fenêtre la plus sûre

D'avril à fin juin, la vallée offre ce qu'un mortier demande : des nuits sans gel, des journées assez longues pour qu'un séchage lent s'amorce, et un air qui, sans être sec, alterne. C'est la période où même une chaux aérienne redevient envisageable sur un mur bien exposé, et où une NHL 2 en finition atteint sa carbonatation dans des délais normaux.

Deux réserves locales. Les gelées tardives existent encore début avril au ras du sol dans une vallée où l'air froid s'accumule : une nuit à zéro sur un enduit de quarante-huit heures détruit la couche superficielle, et le dégât ne se voit qu'au printemps suivant, sous forme de pulvérulence. Et le plein été a le défaut inverse : un mur qui chauffe l'après-midi tire l'eau du mortier avant qu'il ait pris, ce qui donne un enduit brûlé, pulvérulent lui aussi. La conduite à tenir jour par jour est détaillée dans la cure d'un enduit à la chaux.

L'arrière-saison, qui trompe presque tout le monde

Septembre paraît idéal : plus de canicule, températures douces, entreprises disponibles. C'est en fond de vallée la période la plus traîtresse. Les journées raccourcissent vite, les nuits deviennent longues et froides, et surtout le point de rosée est atteint chaque nuit : une façade qui a séché en journée se remouille intégralement avant l'aube. Le mortier ne progresse plus, il stagne. Une aérienne posée à cette période peut passer l'hiver entier sans avoir carbonaté.

Quelques repères de bon sens pour décider, sans matériel compliqué :

  • si le brouillard tient au-delà de la fin de matinée plusieurs jours de suite, la saison de pose est passée ;
  • si la façade est encore mouillée à midi alors qu'il n'a pas plu, elle ne rendra pas l'eau du mortier ;
  • si les nuits descendent régulièrement sous cinq degrés, la prise ralentit fortement et le risque de gel n'est plus loin ;
  • une façade nord ou est en fond de vallée perd trois à quatre semaines de saison utile par rapport à une façade sud du même bâtiment.

À l'inverse, une pose de fin d'été reste envisageable avec une hydraulique, précisément parce que sa première prise ne réclame pas l'air. C'est là que le choix du liant et le calendrier se répondent : le liant achète du temps de saison.

En fond de vallée, la question n'est pas « fera-t-il beau la semaine prochaine ». Elle est « le mur aura-t-il le temps de sécher entre deux nuits ».

Reste la protection pendant la cure. Une bâche tendue à distance du mur, qui ombre et coupe le vent sans plaquer contre l'enduit, vaut plusieurs jours de météo favorable. Une bâche collée au parement, elle, fait exactement le contraire : elle bloque les échanges et entretient la condensation.

Ce qu'il faut vérifier avant de commander

Trois vérifications tiennent en une matinée et évitent l'essentiel des erreurs.

La première concerne la commune. Une commune qui compte un secteur ancien ou un édifice protégé peut se trouver soumise à un avis particulier sur l'aspect des façades, et des prescriptions peuvent porter sur la nature du liant, le grain et la finition. Personne ne peut l'affirmer depuis un article : ce point se vérifie au service urbanisme de la mairie avant de commander quoi que ce soit. Les questions à poser sont précises — la parcelle est-elle concernée par une servitude d'aspect, un avis extérieur est-il requis, existe-t-il des prescriptions écrites sur les enduits, quels délais d'instruction prévoir. La réponse change le calendrier bien plus que le budget, et un délai d'instruction qui tombe en septembre peut repousser toute la pose au printemps suivant.

La deuxième concerne le produit. Un sac doit porter une désignation lisible : NHL suivi d'un chiffre pour une hydraulique naturelle, CL pour une aérienne. Les mentions comportant un « Z » signalent l'ajout de constituants ; une chaux « formulée » n'est pas une chaux naturelle. Ce détail d'étiquette est le seul moyen de savoir ce qu'on achète, et il vaut la peine d'être lu avant la livraison plutôt qu'après.

La troisième concerne le devis. Un devis d'enduit à la chaux qui n'écrit ni le liant, ni sa classe, ni le sable, ni le nombre de passes, ni les épaisseurs, ne permet aucune comparaison. Ce sont quatre lignes à demander. Une entreprise qui travaille couramment le bâti ancien de la vallée les fournit sans difficulté.

Ce que le choix du liant fait au prix

Aucun montant ne peut être avancé ici, et personne ne devrait en avancer sans avoir vu le mur. En revanche, la façon dont le prix se construit se comprend, et elle est particulière en fond de vallée.

Le liant lui-même pèse peu dans le total : c'est un poste de matière, et la matière n'est jamais la part principale d'un ravalement à la chaux. Ce qui pèse, c'est le temps, et le temps dépend directement des décisions prises plus haut.

  • Le nombre de passes. Deux couches minces demandent deux interventions, deux montées d'échafaudage dans le planning, et un délai d'attente entre elles.
  • Le délai entre les passes. Dans un air humide, il s'allonge. Un chantier calé sur des délais de plateau se retrouve en retard sans que personne ait mal travaillé.
  • La saison retenue. Une pose dans la bonne fenêtre coûte moins qu'une pose contrainte, parce qu'elle évite les protections lourdes, les reprises et les arrêts.
  • L'immobilisation de l'échafaudage. C'est souvent le poste qui varie le plus : il se loue au temps, et le temps est allongé par la cure.
  • La préparation du support. Piquer un enduit ciment ancien, dégarnir des joints, purger des zones tendres : c'est du travail invisible qui précède le premier sac de chaux.

Autrement dit, choisir une hydraulique adaptée ne coûte pas plus cher au sac ; cela évite une reprise, et c'est là que l'écart se fait. Un enduit aérien qui n'a pas pris se répare rarement : il se refait.

Questions fréquentes

Peut-on quand même utiliser une chaux aérienne à Fleury-sur-Andelle ?

Oui, à condition de choisir l'endroit et le moment. En finition mince sur un corps d'enduit déjà pris, sur une façade sud ou ouest, posée entre avril et juin, une aérienne se comporte bien et donne un aspect qu'aucune hydraulique n'égale. En corps d'enduit épais sur une façade nord de fond de vallée, posée en septembre, elle met un temps déraisonnable à durcir. Le liant n'est pas en cause : les conditions le sont.

Quelle chaux pour rejointoyer un mur de moellons dans la vallée ?

Une NHL 3,5 constitue le point de départ raisonnable, en descendant à une NHL 2 si la pierre est tendre ou friable. Le joint doit rester plus tendre que la pierre, sans exception. La méthode de dégarnissage et de remplissage, elle, ne change pas avec le climat ; seule la saison de reprise change, et l'automne est ici la pire.

Combien de temps un enduit à la chaux met-il à durcir ici ?

Une hydraulique acquiert l'essentiel de sa résistance mécanique en quelques semaines, puis continue de se fermer pendant des mois. Une aérienne carbonate de quelques millimètres par mois dans de bonnes conditions, et bien moins vite dans un air saturé : sur un corps d'enduit épais posé en fond de vallée, il faut compter en saisons, pas en semaines. C'est précisément pourquoi la date de pose compte autant que le sac.

Faut-il ajouter un peu de ciment pour aider la prise en air humide ?

Non. Ajouter du ciment à une chaux ne donne pas la souplesse de l'une et la prise de l'autre : cela donne un mortier plus rigide et moins perméable, qui reporte les contraintes sur la pierre. Le raisonnement complet figure dans les mortiers bâtards, et il ne souffre pas d'exception locale. Si la prise en air humide est le problème, la réponse est une hydraulique naturelle de classe adaptée, pas un mélange.

Comment savoir si l'enduit posé l'an dernier a bien pris ?

Trois gestes suffisent. Passer la main à plat : un enduit pris ne laisse pas de poudre. Rayer avec l'ongle dans un angle discret : la trace doit rester superficielle. Mouiller une petite zone et observer : elle doit foncer puis s'éclaircir régulièrement, sans auréole qui persiste des jours. Un enduit qui échoue aux trois n'a pas fini de carbonater — et sur un mur de vallée, il faut savoir s'il finira un jour ou s'il faut le reprendre.

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Vieilles Pierres est un média indépendant consacré au bâti ancien. Les articles sont rédigés par la rédaction ; les photographies d'illustration sont générées et ne représentent pas des chantiers réels.