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Les souches de cheminée anciennes : par où l'eau descend dans le mur

Une souche de cheminée ancienne fuit rarement par un seul point : par où l'eau descend dans le mur, comment lire le désordre, et reprendre l'ouvrage à la chaux.

Technique / 18 min de lecture
Souche de cheminée ancienne en brique et pierre, joints ouverts et couronnement fissuré au-dessus d'un toit de tuiles
Couronnement plat et sans débord, joints d'angle ouverts, solin de mortier fissuré : les trois portes par lesquelles l'eau entre dans une souche ancienne.
August Kirren, Chief economics commentator

L'eau qui descend dans un mur depuis une souche de cheminée ancienne emprunte quatre chemins, et presque jamais un seul : le couronnement fendu au sommet, les joints ouverts des quatre faces, le solin décollé là où la souche traverse le toit, et le conduit lui-même quand rien ne le coiffe. Ces chemins se cumulent. C'est pourquoi une tache d'humidité liée à une souche revient après une réparation partielle : on a fermé une porte, il en restait trois.

Reprendre l'ouvrage, c'est donc traiter les quatre en une fois : déposer la maçonnerie jusqu'au niveau sain, la remonter au mortier de chaux, refermer par un couronnement qui rejette l'eau à distance de la face, et refaire le solin en métal façonné plutôt qu'en simple bourrelet de mortier. À la chaux, parce qu'une souche est l'ouvrage le plus mouillé du bâtiment et que le mortier doit y laisser partir l'eau qu'il a prise, pas la retenir contre la brique jusqu'au premier gel.

Pourquoi la souche lâche avant le reste du bâtiment

Sur une maison ancienne, la souche est le seul morceau de maçonnerie qui n'a ni voisin, ni abri, ni inertie. Tout ce qui protège un mur — le débord de toit, la masse du mur, la façade voisine, le sol qui renvoie de la chaleur — lui manque. Elle est le point haut, donc le point le plus battu ; elle est isolée, donc mouillée de tous les côtés à la fois ; elle est mince, donc traversée de part en part.

Un ouvrage isolé, mouillé sur quatre faces

Un mur de façade prend la pluie sur une face et la restitue par les deux. Une souche la prend sur quatre faces et n'a pas de face sèche vers laquelle évacuer. Ses parois sont minces : souvent l'épaisseur d'une brique, parfois moins au-dessus du dernier rang de pierre. L'eau ne progresse donc pas dans une masse, elle la traverse.

S'ajoutent les écarts de température. Au soleil de fin de journée, une face chauffe pendant que la face nord reste froide et humide. L'ouvrage se dilate d'un côté, pas de l'autre, et le mortier encaisse la différence. Sur un chaînage de mur, ce mouvement se répartit sur plusieurs mètres ; sur une souche, il se concentre dans quelques rangs de joints. Le résultat s'observe partout : ce sont toujours les joints des angles qui s'ouvrent les premiers.

Le gel finit le travail. Une maçonnerie saturée qui gèle éclate par l'intérieur du matériau, et la souche est saturée plus souvent que le reste du bâtiment. C'est le même mécanisme que sur les couronnements de mur : là où l'eau stationne et ne peut pas partir vers le bas, elle attend la nuit froide pour faire son travail. Le sujet est développé pour l'ensemble du haut du bâti dans le haut d'un mur ancien : arase, solin et rive, et la souche en est le cas extrême.

Le conduit qui travaille : chaleur, condensats, bistre

L'intérieur de la souche n'est pas neutre. Un conduit qui fonctionne sèche la maçonnerie par le dedans, ce qui masque longtemps un désordre : tant qu'on chauffe, la tache ne sort pas ; l'année où l'appareil est déposé, elle apparaît en quelques mois. Beaucoup de souches ne « commencent » pas à fuir : elles fuyaient déjà, et le feu les asséchait.

Un conduit qui a servi au bois laisse du bistre, ce dépôt goudronneux qui migre dans la brique et ressort en taches brunes, grasses, à odeur de feu, dans le comble ou au plafond de la pièce. Ces taches se distinguent d'une infiltration d'eau claire : elles sont plus foncées, plus nettes, elles collent, elles traversent une peinture neuve en quelques semaines. Les repeindre n'a jamais rien réglé. La cause est dans le conduit, et son traitement — débistrage mécanique, tubage — relève du fumiste, pas du maçon.

Un conduit qui a servi à un appareil moderne pose l'autre problème : des condensats acides, produits par des fumées moins chaudes, qui attaquent les mortiers de l'intérieur. Une souche dont les joints sont sains dehors et pulvérulents dedans a presque toujours cette histoire-là.

Les quatre chemins de l'eau, et comment les distinguer

Avant de commander quoi que ce soit, il faut savoir lequel des quatre chemins est ouvert — souvent plusieurs. Chacun laisse une signature différente.

Le couronnement, la première porte

Le couronnement est la surface horizontale du sommet, autour de l'orifice du conduit. C'est un point faible par construction : plat, exposé, souvent refait à la va-vite. Quand il est fendu, l'eau ne coule pas dehors, elle descend dans l'épaisseur de la maçonnerie et suit le conduit vers le bas. Signature : une tache qui apparaît par toute pluie, calme ou battante, et qui met du temps à sécher parce que l'eau a été stockée dans la masse.

Un couronnement correct fait trois choses. Il pente vers l'extérieur pour que l'eau parte. Il déborde de la face pour que la goutte tombe dans le vide. Il porte, en sous-face de ce débord, un larmier — une gorge ou une arête vive — qui empêche la goutte de revenir se coller à la maçonnerie par capillarité. Un couronnement affleurant sans débord ni larmier lave la face à chaque averse : la façade sous la souche se salit toujours de la même manière, en deux coulures verticales symétriques.

Joints ouverts, solin décollé, conduit non coiffé

Les joints ouverts donnent une tache qui n'apparaît que par pluie de vent, dans une direction dominante, et qui sèche vite. C'est le test le plus simple : si le désordre suit le vent, cherchez les faces ; s'il est indifférent au vent, cherchez le haut ou le solin.

Le solin est la rencontre entre un ouvrage maçonné rigide et une couverture qui bouge. Un solin fait au mortier seul se fissure : la souche et la charpente ne travaillent pas ensemble, et le trait de fissure passe exactement à l'interface. Signature : une tache en comble, au droit de la souche, du côté amont du rampant, qui apparaît par pluie soutenue et se voit sur le bois de charpente avant de traverser le plafond.

Le conduit non coiffé est le chemin le plus direct et le plus oublié. Une pluie verticale tombe dans l'orifice, ruisselle sur les parois intérieures, imbibe la maçonnerie sur toute la hauteur et ressort là où le conduit traverse un plancher ou une souche de mur. Signature : humidité en partie basse alors que le haut paraît sain, et parfois une odeur de suie mouillée qui revient à chaque averse.

Lire le désordre depuis le sol, depuis le comble, depuis la pièce

Trois postes d'observation, et il faut les trois. Depuis le sol, avec des jumelles : l'aplomb de la souche, la présence d'un débord au couronnement, l'état des joints d'angle, la couleur des faces — une face plus foncée est une face qui reste humide. Les coulures sous le couronnement, les mousses installées sur une seule face, les briques dont l'arête s'est arrondie sont des indices lisibles d'en bas.

Depuis le comble, en plein jour, lumière éteinte : les points lumineux autour du solin trahissent un défaut de couverture. Sur le bois, une auréole ancienne est brune et sèche au toucher, une infiltration active est plus sombre et froide. Passer la main sur la maçonnerie de la souche dans le comble donne autant d'information qu'un appareil : une souche qui fuit est fraîche et poudreuse au doigt.

Depuis la pièce, la forme de la tache oriente. Une tache qui borde le conduit en couronne régulière vient du conduit. Une tache qui part d'un angle et descend en biais suit un cheminement de maçonnerie. Une tache qui apparaît quand on chauffe et disparaît l'été n'est pas une infiltration mais de la condensation dans un conduit désaffecté et mal ventilé.

Un dernier réflexe : dater. Noter la date de chaque épisode et le temps qu'il faisait ce jour-là. Trois notes suffisent souvent à séparer une entrée par les faces d'une entrée par le haut, et cette information vaut mieux que n'importe quel diagnostic fait un jour de beau temps.

Ce que le ciment a fait aux souches anciennes

Presque toutes les souches anciennes encore debout ont été reprises au ciment à un moment. C'est l'ouvrage sur lequel la faute est la plus fréquente, parce qu'il est petit, en hauteur, et qu'on l'a longtemps traité comme un détail de couverture.

Le mécanisme est connu et il est le même que sur un mur, en plus rapide : un enduit ou des joints au ciment sont plus étanches et plus rigides que la brique ancienne ou la pierre tendre qu'ils recouvrent. L'eau finit toujours par entrer — par une fissure, par le couronnement, par le conduit — mais elle ne peut plus ressortir par où elle est venue. Elle cherche la sortie la plus faible : le matériau lui-même. La brique se délite derrière un joint intact, la pierre farine, et l'on découvre en déposant que la souche ne tenait plus que par sa croûte.

Sur une souche, deux facteurs aggravent tout. Le cycle de mouillage-séchage y est plus fréquent qu'ailleurs, donc le nombre de cycles de gel utiles à la destruction est atteint plus vite. Et la faible épaisseur ne laisse aucune réserve : ce que le mur épais met vingt ans à perdre, la souche le perd sur la moitié de sa section.

Une souche enduite au ciment qui sonne creux au marteau n'a plus de maçonnerie derrière : elle a une coque. Toute intervention doit partir de ce constat, pas d'un rebouchage.

Le choix du liant de remplacement n'est pas indifférent non plus. Sur un ouvrage aussi exposé, la chaux aérienne seule prend trop lentement et supporte mal d'être lessivée avant d'avoir fait sa prise ; on se tourne vers une chaux hydraulique naturelle, dont la logique est expliquée dans chaux aérienne ou hydraulique : quel liant pour quel mur ancien. Pour les points qui doivent tenir vite — un scellement, la reprise d'un couronnement entre deux averses — le ciment prompt naturel est le seul appoint qu'un ouvrage ancien tolère, et il s'emploie en petites quantités, pas en substitution générale.

Reprendre une souche à la chaux : ce que fait le chantier

Une reprise de souche est un chantier court mais complet : accès, dépose, remontage, couronnement, solin, couverture autour. Le sauter par morceaux est ce qui produit les réparations qui ne tiennent pas deux hivers.

Dépose, tri, remontage

L'accès conditionne tout. Une souche ne se reprend pas correctement depuis une échelle : il faut un échafaudage ou une nacelle qui permette de travailler des quatre côtés, avec un plan de travail stable pour gâcher et poser. Le conduit est bouché avant la dépose, sinon les gravats descendent dedans et on gagne un second chantier.

La dépose se fait rang par rang, jusqu'à trouver du sain : un mortier qui résiste à la pointe, des briques ou des pierres qui ne se descellent pas à la main. Ce niveau ne se devine pas depuis le sol ; c'est pour cela qu'un devis sérieux prévoit une quantité déposée estimée et le sort de ce qui sera découvert en plus.

Le tri est un vrai poste. Une brique ancienne saine se réemploie ; une brique feuilletée, dont la surface se détache en plaques parallèles, a gelé et ne doit pas remonter. Une brique dont l'arête est arrondie mais le cœur ferme peut être retournée. Les pierres se réemploient plus facilement, à condition de replacer chaque bloc dans son lit d'origine. Le remontage suit les règles ordinaires de la maçonnerie : joints croisés, boutisses régulières, pas de grand bain de mortier qui remplirait le vide à la place d'une pierre de calage.

Mortier, joints, couronnement et coiffe

Le mortier est une chaux hydraulique naturelle et un sable propre, correctement gradué. Trop de liant fissure au retrait, trop peu ne tient pas dans une exposition pareille ; l'équilibre se règle par un essai sur quelques rangs avant de monter. Les joints sont serrés au fer quand le mortier a tiré, jamais beurrés par-dessus l'arête des briques : un joint qui déborde crée une petite tablette horizontale où l'eau stationne. La logique du geste est la même qu'en façade et elle est détaillée dans rejointoyer sans abîmer.

Le couronnement se refait en dernier et il décide de la durée de vie de l'ensemble. Il doit pencher vers l'extérieur, déborder de la face, et présenter un larmier en sous-face. Il peut être une dalle de pierre, un chaperon maçonné, un ouvrage de couverture rapporté ; ce qui compte est la géométrie, pas le matériau. Un couronnement sans débord est une reprise à refaire.

La coiffe — mitre, chapeau pare-pluie, tuile faîtière posée sur pattes — ferme le quatrième chemin. Attention : sur un conduit en service, une coiffe mal choisie perturbe le tirage et peut rendre l'appareil dangereux. La hauteur de la souche par rapport au faîtage et aux obstacles voisins n'est pas libre non plus : elle relève de la règle de l'art de la fumisterie, et toute reprise qui modifierait cette hauteur se décide avec un fumiste, pas au jugé depuis l'échafaudage.

Enfin, le temps de cure. Une maçonnerie de chaux fraîche en haut d'un toit est vulnérable à la pluie battante comme au soleil dur. Une bâche pendant les premiers jours, une protection du couronnement contre l'averse, et l'on évite d'engager le chantier quand le gel est annoncé.

Le solin, la pièce que l'on refait toujours trop peu

Le solin est le raccord entre la souche et la couverture. C'est là que la moitié des désordres attribués à « la cheminée » se produisent réellement, et c'est le poste le plus souvent traité comme un supplément.

Un solin de mortier seul, posé à cheval sur les tuiles et la maçonnerie, a un défaut structurel : il relie deux ouvrages qui ne bougent pas ensemble. La charpente respire, la souche non. Le mortier fissure à l'interface, la fissure prend l'eau, et l'ouvrage devient une gouttière dirigée vers l'intérieur du comble.

La solution durable est métallique : une bande façonnée, engagée dans une engravure ou tenue par une bande porte-solin, qui recouvre la couverture et vient mourir contre la maçonnerie. Le mortier, quand il reste, ne fait plus l'étanchéité, seulement le calfeutrement du bord supérieur. Sur les quatre côtés, la logique change : les côtés latéraux sont traités par des noquets ou une bande à recouvrement, le côté aval par une bavette qui rejette l'eau sur les tuiles, le côté amont — celui qui reçoit toute l'eau du rampant au-dessus — par un ouvrage de dérivation qui écarte le flux de part et d'autre de la souche.

Ce côté amont est le grand oublié. Une souche large placée en milieu de rampant collecte, à chaque pluie, l'eau de tout ce qui la surplombe, et la concentre contre sa face. Sans dérivation, aucun mortier ne tient longtemps à cet endroit. C'est aussi pourquoi on répare deux fois : la première pour l'étanchéité, la seconde après avoir compris que le problème était hydraulique.

Conserver, araser ou déposer : la décision avant le devis

Toutes les souches ne se reprennent pas. Trois cas se présentent, et le choix se fait avant de chiffrer.

Le conduit sert. La souche se reprend telle quelle, avec la contrainte de fumisterie : hauteur, section, coiffe, tubage éventuel. Le maçon et le fumiste doivent avoir parlé avant l'échafaudage, parce que la décision de tuber change ce qu'on fait du couronnement.

Le conduit ne sert plus mais la souche compte pour le bâtiment. C'est le cas courant sur une maison ancienne : la silhouette du toit tient à ses souches, et les supprimer donne une couverture nue qui ne ressemble plus à rien. On reprend alors la maçonnerie, on coiffe le conduit contre la pluie tout en laissant une ventilation basse et haute pour éviter la condensation, et l'on s'épargne le tubage.

La souche ne sert plus et ne compte pas. Elle peut être arasée sous la couverture et le trou refermé par un ouvrage de couverture continu. C'est la solution la plus durable et la moins chère à long terme, mais elle est irréversible : rétablir un conduit ensuite est un chantier lourd. Elle mérite une réflexion, et un coup d'œil aux règles locales : sur certains secteurs protégés, la modification de l'aspect des toitures se vérifie en mairie avant travaux.

Ce qui construit le prix d'une reprise de souche

Aucun montant ne se donne à distance sur ce type d'ouvrage, et pour une raison simple : deux souches de dimensions identiques peuvent demander des interventions sans rapport selon leur accès et l'état découvert. Ce qui est utile, c'est de savoir de quoi le prix est fait.

Les postes qui pèsent :

  • L'accès. Hauteur, pente du toit, possibilité de poser un échafaudage au sol ou nécessité d'une nacelle, contrainte de rue ou de voisinage. C'est très souvent le poste principal, avant même la maçonnerie.
  • La quantité déposée. Quelques rangs ou la souche entière : cela ne se sait qu'une fois en haut, d'où l'intérêt d'un devis qui distingue le forfait de base et le prix unitaire du rang supplémentaire.
  • Les matériaux. Brique de réemploi ou brique neuve de format ancien, pierre, nature du liant et du sable, matériau du solin, nature du couronnement.
  • La fumisterie, si le conduit reste en service : tubage, coiffe, contrôle.
  • La couverture autour. Reprendre un solin veut dire déposer et reposer des tuiles ou des ardoises sur une bande, en remplacer les cassées, et parfois refaire un liteaunage abîmé par l'humidité.
  • L'évacuation des gravats et la protection provisoire en cas d'intempérie pendant le chantier.

Les mentions qui doivent figurer au devis : le mode d'accès et sa durée, la hauteur de dépose prévue et le prix du rang en plus, la nature du liant, le traitement du couronnement avec son débord, le matériau et la façon du solin sur les quatre côtés, le sort du conduit, la remise en état de la couverture, et la gestion des déchets. Un devis qui écrit « réfection souche de cheminée » en une ligne ne permet de comparer avec rien. La grille de lecture complète d'un devis en bâti ancien est reprise dans un devis de chaux : les mentions qui prouvent que le mur ancien est compris.

Pour obtenir un chiffre réel : faire venir plusieurs entreprises sur le même descriptif écrit, exiger que la souche ait été vue de près et pas seulement depuis la rue, et demander que les options soient chiffrées séparément. Un prix qui tombe sans visite du toit n'est pas un prix, c'est une estimation qui sera révisée en cours de chantier.

Questions fréquentes

Comment savoir si l'humidité vient de la souche ou d'ailleurs ?

Par la géographie de la tache et par le temps qu'il fait. Une tache liée à la souche est verticale, centrée sur le conduit ou sur un de ses angles, et se retrouve dans le comble avant la pièce. Elle réagit à la pluie, pas à la saison de chauffe. Une tache qui apparaît en hiver dès qu'on chauffe et s'efface l'été est une condensation, pas une infiltration. Une tache basse, à hauteur de plinthe, avec dépôt blanc, relève d'une autre famille de désordres.

Peut-on reprendre une souche sans échafaudage ?

Rarement, et jamais correctement. Le travail demande d'atteindre quatre faces, de gâcher du mortier à proximité, de descendre des gravats et de reposer des tuiles autour. Une intervention depuis une échelle se limite en pratique à un rebouchage de surface, qui est justement la réparation qui ne tient pas. Le poste d'accès n'est pas un supplément : c'est ce qui rend la reprise possible.

Faut-il enduire une souche ancienne ?

Cela dépend de ce qu'elle était. Une souche de brique montée pour rester apparente se rejointoie ; une souche montée pour être enduite se réenduit à la chaux. Ce qu'il ne faut pas faire, c'est enduire au ciment une souche prévue apparente, pour cacher un désordre : l'eau qui entre par le couronnement se retrouve enfermée et détruit la brique par-derrière.

Une souche inutilisée doit-elle être bouchée hermétiquement ?

Non. Un conduit fermé aux deux bouts devient un piège à condensation : l'air humide qui y stagne dépose son eau sur des parois froides, et la maçonnerie se charge sans qu'une goutte de pluie soit entrée. On protège le haut de la pluie battante par une coiffe tout en conservant une circulation d'air, et on laisse une ventilation en partie basse.

En quelle saison faire ce chantier ?

Hors gel et hors canicule. Une maçonnerie de chaux fraîche en haut d'un toit doit faire sa prise sans geler la nuit ni sécher trop vite au soleil. Le printemps et le début d'automne sont les périodes les plus sûres. Si la souche est ouverte à l'approche de l'hiver, une protection provisoire soignée vaut mieux qu'un remontage précipité entre deux averses.

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Vieilles Pierres est un média indépendant consacré au bâti ancien. Les articles sont rédigés par la rédaction ; les photographies d'illustration sont générées et ne représentent pas des chantiers réels.