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Les colombages peints en noir : ce que la peinture fait au bois

Pourquoi les colombages sont noirs, ce que le goudron, le carbonyle ou une peinture moderne font au chêne ancien, et quoi mettre sur les bois.

7 min de lecture

Pans de bois d'un colombage recouverts d'un ancien traitement noir craquelé qui s'écaille, laissant apparaître le chêne gris, avec des coulures brunes sur le remplissage clair.
Un traitement noir en fin de vie : le film se faïence, s'écaille aux arêtes, et laisse des coulures brunes descendre sur les panneaux de remplissage.

Les colombages sont noirs pour trois raisons qui n'ont rien à voir entre elles, et il faut savoir laquelle concerne la maison avant de toucher au bois. Beaucoup de pans de bois ont reçu, à partir du XIXe siècle, un goudron issu de la distillation de la houille : un produit noir, épais, bon marché, passé au balai ou à la brosse. D'autres ont été passés plus tard au carbonyle, une huile noire vendue comme protection contre les champignons et les insectes des bois de charpente. D'autres enfin portent une peinture ou une lasure noire achetée en grande distribution, choisie pour l'aspect, parfois posée sur les deux couches précédentes. Le chêne d'origine, lui, n'était pas noir : sur une grande partie du bâti ancien il restait nu et grisaillait, ou recevait le même lait de chaux que le remplissage. Le contraste noir et blanc que l'on prend aujourd'hui pour la couleur normale d'un colombage est une couche rapportée, plus récente que la charpente qu'elle recouvre.

La deuxième question vient tout de suite après : quoi mettre sur les bois d'un colombage ? La réponse courte est : rien qui fasse film. Un pan de bois est une structure exposée qui prend l'eau et doit pouvoir la rendre. Tout produit formant une pellicule continue à la surface du chêne finit par se fissurer — le bois bouge, le film moins — laisse entrer l'eau par la fissure et l'empêche de ressortir par la surface. Le bois reste alors humide sous une peinture d'aspect intact. Les finitions défendables sur un pan de bois ancien sont celles qui pénètrent ou qui s'usent : le bois laissé nu, un lait de chaux, une huile ou un saturateur non filmogène, éventuellement pigmentés. Elles ont toutes le même défaut assumé : elles se refont. C'est précisément ce qui les rend sûres.

D'où vient le noir des pans de bois

Le noir n'est pas une teinte de tradition : c'est le résultat d'un produit. Trois familles se sont succédé sur les mêmes bois, et il est fréquent d'en trouver deux ou trois superposées sur un même poteau. Les identifier n'est pas un exercice d'érudition : chacune se comporte différemment en vieillissant, et chacune impose une reprise différente.

Le goudron de houille et le bitume

Le goudron de houille est un sous-produit industriel : noir, visqueux, disponible en quantité et peu cher au moment où il s'est répandu. On l'a passé sur les bois extérieurs, sur les soubassements, sur les bardages de dépendances, avec la réputation d'imperméabiliser. Il ne pénètre presque pas. Il forme une peau épaisse, souple au début, qui durcit avec les années.

Son vieillissement est reconnaissable. La peau devient cassante, se craquelle en un réseau serré, puis se soulève en écailles dures aux arêtes des bois. Sous l'écaille, le chêne apparaît gris pâle, parfois sain, parfois délité en surface. Le goudron a un autre défaut, plus visible depuis la rue : il migre. Sous l'effet de la chaleur et de l'eau, ses fractions huileuses descendent sur le remplissage et y laissent des coulures brunes qui traversent un badigeon de chaux et ressortent au travers de la plupart des peintures posées ensuite. Une façade dont les panneaux portent une trace sombre sous chaque bois, alignée sur le fil de l'eau, raconte un goudronnage ancien même si le noir des bois a été repeint depuis.

Ces produits ne se manipulent plus comme autrefois. Les formulations à base de créosote ont vu leur distribution au grand public fortement restreinte, et les poussières d'un goudron ancien ne sont pas anodines. C'est une raison de plus pour ne jamais poncer à sec un bois noir dont on ignore l'historique.

Le carbonyle et les huiles noires

Le carbonyle appartient à une autre famille : un véhicule huileux, un principe fongicide et insecticide, un pigment noir. Il pénètre davantage que le goudron et, passé en couche fine, il ne forme pas immédiatement de film. Répété tous les quelques années, comme cela se faisait sur les charpentes de ferme et les bardages, il laisse en revanche une couche grasse qui finit par se comporter comme un film : elle poisse, elle retient les poussières, elle empêche toute finition ultérieure d'accrocher.

Son autre caractéristique est la profondeur de teinte. Le pigment et l'huile descendent de quelques millimètres dans le bois. C'est pourquoi la demande la plus fréquente sur un colombage carbonylé — revenir au bois clair — est presque toujours déçue : même après un décapage complet, le chêne ressort gris foncé à brun, et l'on ne récupère un ton clair qu'en enlevant de la matière, donc en abîmant la pièce. Sur ce que chaque méthode retire réellement, la comparaison est détaillée dans notre article consacré au décapage des bois d'un colombage.

Sa promesse de protection mérite d'être remise à sa place. Un produit de surface agit sur les premiers millimètres. Il ne stérilise pas une pièce déjà colonisée à cœur et ne remplace pas un diagnostic : les larves qui creusent l'intérieur d'un bois ne rencontrent jamais la surface traitée. C'est le sujet distinct que traite l'article sur le capricorne et la vrillette dans un colombage.

Les peintures et lasures noires modernes

C'est aujourd'hui la couche la plus souvent posée, et la plus dangereuse pour un pan de bois ancien. Les peintures et lasures opaques de façade sont conçues pour des menuiseries : des pièces de bois stabilisées, de faible section, protégées par un débord, et qu'on repeint après ponçage tous les quelques années. Un poteau de colombage n'est rien de tout cela. Il est massif, il travaille avec les saisons, il reçoit l'eau de plein fouet et il est en contact direct avec un remplissage humide.

La mention « microporeux » entretient une confusion utile au vendeur. Elle signifie que le film laisse passer un peu de vapeur, davantage qu'un vernis fermé — pas qu'il est ouvert. Rapportée à la quantité d'eau qu'un pan de bois exposé doit évacuer après une pluie battante, cette perméabilité résiduelle est faible. La notion à garder en tête avant toute décision est celle que développe l'article sur la perspirance d'un mur ancien : ce n'est pas l'entrée d'eau qui détruit un ouvrage ancien, c'est l'entrée d'eau sans sortie.

Le noir ajoute une difficulté propre. Une surface noire en plein soleil monte nettement plus haut en température qu'une surface claire. Le bois sous-jacent subit des amplitudes plus fortes, il travaille davantage, et le film qui le recouvre fatigue plus vite. Sur une façade sud, une peinture noire sur chêne massif se craquelle plus tôt que la même peinture en teinte claire.

Ce que le chêne d'un pan de bois demande à une finition

Un colombage n'a pas besoin de chimie pour durer. Le duramen de chêne — le bois de cœur, dense et sombre — est naturellement durable en extérieur. Ce sont les parties vulnérables qui posent problème, et elles sont peu nombreuses : l'aubier resté sur la pièce, les bois de bout, les faces horizontales où l'eau stationne, et les joints où le bois rencontre autre chose. Une finition ne les sauve pas ; elle les accompagne au mieux.

Ce dont le bois a besoin est d'abord géométrique. Un débord de toiture qui écarte l'eau. Un larmier ou un jet d'eau qui la décroche au lieu de la laisser suivre la sous-face. Un soubassement qui éloigne le pied du bois des rejaillissements. Un remplissage qui reste légèrement en retrait du nu du bois pour que l'eau ne stagne pas dans l'angle, exigence détaillée dans l'article sur ce que le remplissage d'un pan de bois doit faire. Un pan de bois bien couvert et bien drainé traverse les siècles sans traitement ; un pan de bois mal couvert ne sera sauvé par aucun produit.

Le deuxième besoin est un besoin de mouvement. Le chêne se rétracte et gonfle transversalement au fil des saisons ; une pièce de forte section bouge sur plusieurs millimètres au cours d'une année, et elle bouge de façon différente au cœur et en périphérie. Toute finition rigide et continue doit suivre ce mouvement ou se rompre. Elle se rompt.

Ce qu'un film étanche fait au chêne ancien

Le mécanisme est simple et il se déroule toujours dans le même ordre. Le film neuf ferme la surface. L'eau, elle, continue d'arriver par des chemins que le film ne couvre pas : le joint entre le bois et le remplissage, les fentes de retrait du chêne, les bois de bout, la remontée capillaire depuis la maçonnerie basse. Elle entre. Mais la surface étant fermée, la vapeur ne ressort plus par la face exposée, qui est de loin la plus grande. Le bois reste durablement au-dessus du seuil d'humidité qui permet aux champignons de se développer. La dégradation commence à l'intérieur.

Ce qui rend ce processus coûteux, ce n'est pas seulement sa lenteur : c'est son invisibilité. Un bois nu qui souffre le montre. Il grise, il noircit par plaques localisées, il se creuse, une fissure s'ouvre à un assemblage. Un bois sous film montre une peinture, et rien d'autre, jusqu'au jour où l'on appuie et où la lame entre. Beaucoup de reprises lourdes de colombage sont découvertes au décapage, et la surprise n'est pas dans le bois : elle est dans le fait qu'on ne pouvait rien voir.

Le piège du pied de poteau

Le point de rupture est presque toujours le même : le pied de poteau et la sablière basse, à la rencontre du soubassement. Trois apports d'eau s'y additionnent — le rejaillissement de pluie sur le sol ou l'appui, la capillarité qui monte dans la maçonnerie, et l'eau qui descend le long du poteau et s'arrête là. La ventilation, elle, y est la plus faible de toute la façade. Une peinture ou un goudron qui descend jusqu'au bas du poteau ferme la seule face par laquelle cette zone pouvait sécher.

Le contrôle se fait de près et sans outillage rare. On sonde avec une pointe fine, en appuyant régulièrement, tous les dix centimètres environ, sur les quarante ou cinquante premiers centimètres du poteau et sur toute la sablière : un bois sain résiste, un bois attaqué laisse entrer la pointe sans effort. On frappe avec le manche d'un marteau : le son plein d'un bois sain n'a rien à voir avec le son mat d'un bois creux. On regarde l'assemblage, tenon et mortaise, où l'eau se loge. Quand le sondage confirme une perte de section, la question n'est plus celle de la finition mais celle de la pièce, et elle est traitée dans l'article sur le fait de remplacer une pièce de bois d'un colombage.

Reconnaître un traitement filmogène en fin de vie

Un film ne meurt pas d'un coup. Il donne des signes pendant des années, et ces signes se lisent avant que le bois ne soit atteint. Encore faut-il les regarder.

Les quatre signes qui se lisent depuis le sol

  • Le faïençage. Un réseau de craquelures fines et régulières couvre la surface du bois. Le film a perdu sa souplesse ; il ne suit plus le mouvement du chêne. C'est le premier stade, et le plus utile : à ce moment-là, le bois dessous est encore sain.
  • Les écailles. Le film se soulève par plaques, en commençant par les arêtes, les bois de bout et les faces horizontales. Sous une écaille détachée, on voit le bois ; s'il est gris clair et ferme, la reprise est encore une affaire de finition.
  • Les zones nues et sombres. Là où le film est parti, le chêne se ternit, brunit, puis devient spongieux si l'eau y reste. Une plage sombre en bas de poteau, alors que le haut est propre, indique une eau qui stationne.
  • Les coulures sur le remplissage. Des traces brunes ou noires descendent des bois sur les panneaux. Elles signalent un produit qui migre — goudron ou huile — et elles signalent aussi que l'eau suit le bois au lieu d'être décrochée.

Deux vérifications se font à la main, sur place. La goutte d'eau : une goutte posée sur le bois qui perle et reste ronde indique un film encore fermé ; une goutte qui s'étale et s'absorbe en quelques secondes indique un film ouvert et un bois qui boit. Le test se fait sur plusieurs points de la même façade, car le résultat change entre le haut abrité et le bas exposé. La lame : on glisse une lame plate sous une écaille et on la soulève. Si l'écaille vient seule, le bois tient. Si elle emporte des fibres de bois, la couche superficielle du chêne est dégradée et un simple recouvrement n'a plus de sens.

Un humidimètre à pointes complète utilement l'examen, à condition de l'utiliser comme un comparateur et non comme un verdict. Ce qui parle, c'est l'écart entre une zone abritée de référence et la zone suspecte, relevé le même jour, dans les mêmes conditions ; un écart franc et persistant sur plusieurs visites vaut bien plus qu'une valeur isolée.

Décider : conserver, alléger ou retirer

Retirer n'est pas gratuit. Un décapage est agressif pour un bois ancien, il produit des déchets qu'il faut confiner quand la couche est un goudron, et il ne rend jamais un chêne propre : le pigment a pénétré. Conserver une couche noire ancienne mais adhérente, sur un bois sain, sous un débord de toit efficace, est une décision défendable — c'est même souvent la meilleure. Le principe qui guide le bâti ancien vaut ici comme ailleurs : on n'intervient pas parce qu'un ouvrage est vieux, on intervient parce qu'il est en défaut.

Les critères tiennent en quelques lignes.

  • On conserve quand le film est adhérent sur l'essentiel de la surface, qu'aucun sondage ne révèle de perte de section, que le remplissage et ses joints sont sains, et que la façade est correctement protégée en tête et en pied.
  • On allège — brossage doux, retrait des seules parties non adhérentes, reprise localisée — quand le film se soulève par endroits mais que le bois tient. C'est le cas le plus fréquent et le moins bien traité.
  • On retire quand le film est décollé sur une part importante, quand il empêche de diagnostiquer un bois suspect, ou quand il masque des reprises structurelles à faire de toute façon.

Une règle pratique évite beaucoup d'erreurs : ne jamais décider d'une finition avant d'avoir sondé les bois. La finition est la dernière chose que l'on choisit, pas la première.

Par quoi remplacer lors d'une reprise

Une fois le bois mis à nu, sec et sondé, quatre voies restent ouvertes. Aucune ne promet vingt ans sans y revenir, et c'est le signe qu'elles sont honnêtes.

Le bois nu. C'est la solution historique sur une grande partie du bâti, et elle fonctionne quand la géométrie est bonne. Le chêne exposé grise en surface — une couche de quelques dixièmes de millimètre, purement esthétique, qui ne préjuge de rien sur la santé de la pièce. Le bois nu ne cache rien : il se lit en permanence. Son inconvénient est d'aspect, pas de tenue, et il suppose d'accepter une façade qui n'aura pas le contraste franc auquel l'œil s'est habitué.

Le lait de chaux. Passer les bois au même lait de chaux que le remplissage est une pratique ancienne, cohérente et réversible. La chaux est alcaline, ce qui n'encourage pas les développements biologiques ; elle est mate, très ouverte à la vapeur, et elle s'use au lieu de peler. Elle se recharge sans décapage. Ce qu'elle fait exactement, et combien de temps elle tient, est détaillé dans l'article consacré au badigeon de chaux. Sur bois nu, elle demande une préparation soignée et un support propre pour accrocher correctement.

Les huiles et saturateurs non filmogènes. Ils pénètrent au lieu de recouvrir. Ils nourrissent la surface, ralentissent la reprise d'eau et ne peuvent pas s'écailler, puisqu'il n'y a pas de film à décoller. Ils s'éclaircissent et se lessivent lentement, et se repassent après un simple nettoyage. Pigmentés, ils donnent un ton sombre sans fermer le bois. Il faut lire leur fiche technique plutôt que leur argumentaire : un produit qui revendique un « effet perlant durable » et une garantie longue est un film qui ne dit pas son nom.

Une finition noire assumée. Si le noir est voulu — parce que la rue en est faite, parce que la maison a toujours été ainsi de mémoire d'habitant —, il reste possible en choisissant un produit pigmenté, pénétrant et renouvelable, et en acceptant qu'il pâlisse et se repasse. Ce qui est à refuser, c'est l'inverse : une peinture opaque vendue comme définitive sur une structure qui, elle, doit rester lisible.

La règle simple pour choisir un produit

  • Se renouvelle-t-il sans décapage ? Si la réponse est non, ce n'est pas un produit pour un pan de bois.
  • S'use-t-il ou pèle-t-il ? Un produit qui s'use vieillit en s'affaiblissant, un produit qui pèle vieillit en piégeant.
  • Laisse-t-il sortir la vapeur ? La question se pose sur l'ouvrage réel, section massive comprise, pas sur une éprouvette de menuiserie.
  • Migre-t-il sur le remplissage ? Un produit gras posé au-dessus d'un enduit ou d'un torchis le tachera tôt ou tard.
  • Le bois est-il sec au moment de l'application ? Un produit posé sur un bois humide enferme cette humidité, quel que soit son mérite par ailleurs.

Le chantier : ordre des opérations et lecture du devis

L'ordre ne se négocie pas. Diagnostic et sondage d'abord. Reprises de structure ensuite — greffes, moises, remplacements —, parce qu'il serait absurde de finir un bois qu'on va découper. Puis la reprise des joints entre bois et remplissage, qui décide de la quantité d'eau que la façade encaissera pour les décennies suivantes. La finition en dernier, et seulement sur un bois sec. Une saison sèche et stable est nécessaire : un pan de bois décapé à l'automne restera humide tout l'hiver, et une finition posée dessus enfermera cette humidité.

La protection du reste de la façade fait partie du travail, pas des à-côtés. Le remplissage, les vitrages, les appuis et le sol reçoivent tout ce qui tombe des bois ; un décapage mal protégé se paie en nettoyages et en taches durables sur les panneaux.

Sur le prix, il n'existe aucun ordre de grandeur transposable, et se fier à un chiffre lu quelque part revient à comparer deux chantiers qui n'ont rien en commun. Ce qui construit le coût est identifiable poste par poste : le linéaire et la surface développée des bois, qui n'ont aucun rapport avec la surface de façade ; l'accès et le moyen d'élévation, un échafaudage en rue étroite ne se compare pas à un pignon dégagé sur cour ; la méthode de mise à nu retenue, son rendement horaire réel et le traitement des déchets qu'elle produit ; le nombre et la nature des reprises de bois, qui ne sont connues qu'après sondage ; le nombre de couches de finition ; enfin la remise en état des joints et du remplissage.

Un devis exploitable nomme ces postes séparément. Il indique la méthode de décapage et non un simple « préparation des supports ». Il désigne le produit de finition par sa famille et sa référence, avec le nombre de couches et la consommation prévue. Il distingue ce qui est ferme de ce qui est conditionnel — les reprises de bois relèvent presque toujours d'un prix unitaire à quantité provisoire. Il précise qui protège quoi, et qui nettoie. Pour obtenir un chiffre qui vaut pour la maison, la seule méthode fiable consiste à faire chiffrer plusieurs entreprises sur un même descriptif écrit, avec la même méthode et la même famille de produit, et à demander une zone d'essai d'un mètre carré avant d'engager la façade entière : elle révèle l'état réel du bois sous le film, et cette information vaut plus que tous les devis.

Questions fréquentes

Pourquoi les colombages sont-ils noirs alors que le chêne ne l'est pas ?

Parce qu'on les a peints. Le noir vient de produits appliqués tardivement — goudron de houille, huiles noires de type carbonyle, puis peintures modernes — et non d'un usage d'origine. Le chêne de charpente laissé à l'air grise, il ne noircit pas uniformément. Le contraste noir et blanc s'est imposé comme image du colombage bien après la construction de la plupart des maisons concernées, et il a été reconduit à chaque ravalement par simple habitude visuelle.

Peut-on repeindre par-dessus un ancien goudron ?

Techniquement, presque rien n'accroche durablement sur un goudron, et ce qui accroche se fait traverser. Les fractions huileuses migrent vers la surface et ressortent sous forme d'auréoles brunes à travers les peintures claires comme à travers un badigeon. Repeindre par-dessus ajoute surtout une couche de plus au problème : un deuxième film sur un premier film, sur un bois qu'on ne peut toujours pas examiner. Quand le goudron est adhérent et le bois sain, le laisser tel quel est plus cohérent que de le recouvrir.

Le noir chauffe-t-il vraiment le bois au point de l'abîmer ?

Il ne brûle pas le bois, mais il aggrave ce qui l'abîme. Une surface noire exposée au soleil atteint des températures nettement supérieures à une surface claire, et elle refroidit vite dès que le soleil passe. Ces cycles amplifient le retrait et le gonflement du chêne, ouvrent les fentes et fatiguent plus rapidement tout film posé dessus. Sur une façade au sud ou à l'ouest, cela se traduit par des craquelures plus précoces et des joints qui se rouvrent plus vite.

Faut-il traiter les bois contre les insectes pendant la reprise ?

Cela dépend du diagnostic, pas du calendrier. Un traitement de surface ne fait rien contre une larve installée à cœur, et il ne se justifie que s'il répond à un problème constaté après sondage. Un bois maintenu sec est la meilleure protection dont on dispose : la plupart des attaques importantes se développent sur des pièces humidifiées durablement, souvent par un film qui empêchait le séchage. La question du traitement se pose après avoir supprimé la cause de l'humidité, jamais à sa place.

Combien coûte la reprise des bois d'un colombage ?

Aucun chiffre lu ailleurs ne s'applique, parce que les deux postes qui pèsent le plus — la mise à nu et les reprises de bois — dépendent de choses qui ne se voient pas depuis la rue : l'épaisseur et la nature des couches accumulées, et l'état du chêne dessous. Le prix se construit à partir du développé réel des bois, du moyen d'accès, de la méthode de préparation, du nombre de pièces à greffer ou à remplacer, du nombre de couches de finition et de la reprise des joints. La seule manière d'obtenir un montant qui vaut pour la maison est de faire chiffrer plusieurs entreprises sur un descriptif écrit identique, avec des reprises de bois en prix unitaires, après une zone d'essai.

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Vieilles Pierres est un média indépendant consacré au bâti ancien. Les articles sont rédigés par la rédaction ; les photographies d'illustration sont générées et ne représentent pas des chantiers réels.