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Un mur en pierre apparente à l'intérieur : dégarnir et jointoyer

Dégarnir un mur en pierre apparente à l'intérieur : quel mur s'y prête, ce qu'il perd en isolation, et comment refaire un joint à la chaux aérienne.

Doctrine / 17 min de lecture
Mur intérieur en moellons dégarni, joints creusés et partiellement refaits à la chaux, protections au sol
Sur un mur intérieur, le joint se creuse sur trois à quatre centimètres : moins, il se décolle ; plus, on vide le cœur du mur sans raison.
August Kirren, Chief economics commentator

Dégarnir un mur en pierre à l'intérieur : la réponse courte

Dégarnir un mur en pierre apparente à l'intérieur, c'est retirer l'enduit puis le mortier de surface entre les pierres sur trois à quatre centimètres, dépoussiérer, humidifier, et refaire un joint à la chaux aérienne que l'on brosse quand il a commencé à tirer. Le geste est simple et lent. La décision, elle, se prend avant, et c'est elle qui rate le plus souvent.

La règle tient en deux phrases. Un mur de refend — un mur intérieur qui sépare deux pièces chauffées et ne touche pas l'extérieur — se dégarnit sans conséquence thermique : vous ne perdez rien, vous gagnez de la matière à regarder. Un mur de façade dégarni côté pièce, lui, perd son enduit intérieur, donc une part de son étanchéité à l'air, le peu de résistance thermique que cet enduit apportait, et surtout la surface tiède sur laquelle l'air de la pièce ne condensait pas. Vous vous retrouvez avec une paroi froide, rugueuse, poreuse, exposée à toute la vapeur d'eau que produit la vie dans la maison. Cela peut très bien se tenir dans une pièce sèche, peu occupée, bien ventilée. Cela se tient mal dans une chambre, très mal dans une cuisine, et pas du tout dans une salle d'eau.

Quel mur peut être dégarni sans devenir une paroi froide

Avant l'outil, un tour du bâtiment. Il faut savoir ce qu'il y a de l'autre côté du mur que vous voulez dégager, et ce que la pièce va lui envoyer.

Le mur de refend, le cas le plus sûr

Un refend porteur en pierre, entre deux pièces chauffées, est le candidat idéal. Aucune des deux faces ne voit l'extérieur, donc aucun gradient de température ne traverse la maçonnerie. Il n'y a pas de point froid à créer, pas de condensation à craindre, pas d'étanchéité à l'air à préserver puisque le mur ne sépare pas l'intérieur de l'extérieur. Vous perdez de l'isolation acoustique — un enduit plein amortit mieux qu'un parement à joints creux — et vous gagnez une surface qui capte et restitue la chaleur un peu plus vite. C'est le mur qu'on dégarnit dans une salle à manger, autour d'une cheminée, dans une entrée.

Attention quand même à ce qu'un refend cache. Beaucoup de murs intérieurs anciens ont été montés au mortier de terre, ou à la chaux très maigre, sous un simple enduit de recouvrement. Dégarnir un mur hourdé à la terre, c'est ouvrir un mortier qui ne demande qu'à couler au premier grattage. Ce n'est pas rédhibitoire — on rejointoie, précisément —, mais cela change la profondeur de travail, le volume de mortier et la durée du chantier. Mieux vaut le savoir au premier mètre carré qu'au troisième.

Le mur de façade côté pièce : ce qu'on accepte de perdre

Un mur de façade dégarni à l'intérieur reste un mur de façade. Il continue de prendre la pluie, le vent et le gel sur l'autre face. Ce que vous changez, c'est sa face chaude.

Trois choses partent avec l'enduit intérieur. D'abord une résistance thermique modeste mais réelle : un enduit plâtre ou chaux de deux centimètres n'isole pas, il tempère la surface. Ensuite l'étanchéité à l'air, et là la perte n'a rien de modeste. Un mur ancien à double parement rempli de blocage n'est pas étanche par lui-même ; c'est l'enduit continu, sur une face ou sur l'autre, qui ferme les chemins d'air à travers le cœur du mur. Si l'enduit extérieur est en bon état, la perméabilité reste contenue ; s'il est fissuré, absent, ou si le mur est à pierre vue des deux côtés, attendez-vous à un filet d'air froid en bas de mur les jours de vent. Enfin la régularité de surface : un parement creusé multiplie les petites zones plus froides qu'un enduit plan n'a pas.

Rien de tout cela n'interdit l'opération. Cela impose de la décider en connaissance de cause, et de ne pas la mener dans une pièce humide. Si le projet global est aussi thermique, la question du dégarnissage se règle avec celle de l'isolation, pas contre elle : voir isoler un mur en pierre, par l'intérieur, par l'extérieur ou pas du tout. Dégarnir un mur de façade et isoler le même mur par l'intérieur sont deux projets qui s'excluent : le second recouvre le premier.

Ce que le mur perd, et ce qu'il gagne

Il faut dire les deux, sinon la décision se prend sur une moitié de tableau.

Ce qui se perd : l'étanchéité à l'air de la face intérieure, une part de confort de surface en hiver, l'affaiblissement acoustique entre pièces, et la facilité d'entretien. Un mur à joints creux prend la poussière, accroche les toiles d'araignée, et ne se lave pas. Il se brosse, une fois par an, à sec.

Ce qui se gagne : de l'inertie utilisable. Un enduit intérieur ralentit les échanges entre la pièce et la masse du mur ; dégagée, la pierre échange plus vite, ce qui se sent dans une pièce chauffée par intermittence, autour d'un poêle ou d'une cheminée. On gagne aussi une surface qui ne craint ni les chocs ni les frottements. Et on gagne le mur lui-même : son appareillage, ses reprises, ses pierres de calage — de quoi repérer une reprise ancienne, un arc de décharge, un percement rebouché.

Le vrai arbitrage n'est pas esthétique. Il est hygrométrique : une pièce qui produit beaucoup de vapeur d'eau et qui se ventile mal n'est pas une pièce où l'on dégage de la pierre sur un mur de façade.

Sonder le mur avant de piquer

Un quart d'heure de sondage évite trois semaines d'ennuis. Quatre points, dans l'ordre.

Le mortier d'origine : terre, chaux ou ciment

Grattez l'enduit sur un carré de la taille d'une main, à mi-hauteur, dans un angle peu visible. Le mortier qui apparaît entre les pierres vous dit tout. Une matière terreuse, qui s'effrite sèche et se délite mouillée, sent la terre : mortier de terre. Une matière claire, grumeleuse, qui résiste au grattage sans être dure : chaux. Une matière grise, dure, qui refuse l'ongle et le grattoir : ciment, donc reprise du vingtième siècle.

Le mortier d'origine commande le mortier de reprise. On ne remplit pas un mur hourdé à la terre avec un joint dur et fermé : on remet un joint souple, à la chaux aérienne, plus faible que la pierre. Le principe est le même à l'extérieur, et il est développé dans rejointoyer sans abîmer. À l'intérieur, la contrainte de gel disparaît, mais celle de perméabilité à la vapeur, elle, reste entière — d'où le choix presque systématique de la chaux aérienne plutôt que d'une hydraulique.

Le pied de mur, les sels et l'eau qui vient d'en bas

Regardez le bas du mur avant tout le reste. Enduit qui cloque, poudre blanche, plinthe décollée, papier peint qui se soulève sur trente centimètres : le mur monte de l'eau. Dégarnir un pied de mur humide ne l'assèche pas ; cela déplace le problème vers la surface, et les sels dissous dans cette eau viendront cristalliser sur le joint neuf en quelques mois. Tant que l'origine de l'eau n'est pas identifiée et traitée, on ne dégarnit pas ce mur-là.

Vérifiez aussi la stabilité. Une pierre qui bouge à la main, un vide derrière le parement, une pierre de calage tombée : le dégarnissage révèle ce que l'enduit tenait ensemble. Un mur ancien est souvent un double parement rempli de blocage, et le blocage n'aime pas être ouvert. Si le mur sonne creux au marteau, arrêtez-vous et faites-le regarder avant d'aller plus loin.

Dernier point : l'appareillage. Tous les murs ne méritent pas d'être vus. Un moellon irrégulier, monté avec des cailloux de bourrage et des morceaux de brique, était fait pour être couvert : dégagé, il donne un mur bavard dont les joints occupent la moitié de la surface. Grattez un mètre carré témoin et vivez avec une semaine avant de décider du reste.

Dégarnir à la main : profondeur, outils, poussière

Trois à quatre centimètres, c'est la profondeur de travail. En deçà, le joint neuf est trop mince et se décollera. Au-delà, vous entamez le cœur du mur sans nécessité, vous videz du remplissage, et vous consommez inutilement du mortier.

L'outil de base est le burin plat, ou une gouge étroite, frappés à la massette. Pas de disqueuse. La disqueuse va droit, le joint d'un mur ancien ne va nulle part : la lame mord la pierre à chaque irrégularité et laisse sur l'arête une saignée grise qui ne se rattrape pas. Elle produit en outre une poussière de silice bien plus fine et bien plus abondante qu'un burin. On la réserve, à la rigueur, au découpage d'un joint ciment très dur, en butée réglée, au centre du joint seulement.

Le geste : on attaque le mortier au centre du joint, jamais au contact de la pierre, et on travaille du centre vers les bords. On enlève l'enduit d'abord, à la truelle et au grattoir, par plaques. Puis on creuse le joint. On ne cherche pas la surface plane : on cherche à retrouver le nu réel des pierres, qui n'est jamais plan. Toute pierre descellée qui bouge est déposée, nettoyée, et reposée au mortier avant de jointoyer.

Le rythme réel : sur un mur en moellon ordinaire, avec un enduit plâtre ou chaux qui se détache correctement, comptez une demi-journée à une journée par mètre carré pour une personne seule et sans habitude, dégarnissage et dépoussiérage compris. Sur un mur repris au ciment, doublez, au moins. C'est le poste qui surprend tout le monde : le jointoiement va cinq fois plus vite que le dégarnissage.

La poussière : ce qu'elle est, et comment on la contient

C'est le sujet dont on parle le moins et qui gâche le plus de chantiers d'intérieur. Un mètre carré dégarni produit une poussière fine et minérale, qui reste en suspension des heures et se dépose jusque dans les pièces fermées, portée par les courants d'air. Elle contient de la silice cristalline dès qu'on touche au grès, au silex ou à un mortier de ciment : ce n'est pas une poussière de ménage, c'est une poussière à masque.

Ce qui fonctionne, en pratique :

  • vider entièrement la pièce, plutôt que bâcher des meubles qu'on retrouvera gris ;
  • fermer la porte de la pièce et calfeutrer le jour du bas avec un boudin humide, pas seulement avec du ruban ;
  • poser un film plastique en sas à l'entrée, et se déchausser en sortant ;
  • protéger le sol avec un géotextile ou un carton fort sous le film : le plastique seul se perce sous les gravats ;
  • déposer les bouches de ventilation de la pièce, ou les obturer, sinon la VMC distribue la poussière au reste du logement ;
  • porter un masque à particules ajusté, des lunettes fermées et des gants ; un masque à usage unique se change quand il se charge ;
  • humidifier légèrement la zone au pulvérisateur avant de gratter l'enduit, ce qui abat une partie des fines ;
  • ramasser les gravats au fur et à mesure, à la pelle, et ne jamais balayer à sec en fin de journée : l'aspirateur à filtration fine, puis la serpillière.

Comptez le volume de déblais : trois à quatre centimètres sur toute la surface d'un mur, plus l'enduit, cela fait rapidement plusieurs sacs par mètre carré. Prévoyez les contenants et la sortie avant de commencer, pas après.

Le joint à la chaux aérienne : mélange, pose, finition brossée

Le mortier de jointoiement intérieur est un mortier de chaux aérienne et de sable, sans ciment, sans adjuvant, sans résine. La chaux aérienne fait prise en reprenant le gaz carbonique de l'air : c'est lent, c'est souple, c'est parfaitement perméable à la vapeur, et à l'intérieur d'une pièce ventilée, sa lenteur n'est pas un handicap puisqu'il n'y a ni pluie ni gel à craindre. On lui préfère une chaux hydraulique naturelle seulement dans les cas particuliers — pied de mur, cave, local non chauffé —, et l'arbitrage entre les deux familles est développé dans chaux aérienne ou hydraulique.

Le sable décide de l'aspect autant que le liant. Un sable local, lavé, à granulométrie étalée, donne un joint qui ressemble aux joints anciens du même mur ; un sable trop fin donne un joint blanc qui fissure en séchant. Le plus gros grain doit rester nettement inférieur à l'épaisseur du joint le plus fin à remplir.

Humidifier, remplir, serrer, brosser

Le dépoussiérage passe avant tout le reste : brosse à chiendent, puis aspiration, puis soufflage léger si vous en avez le moyen. Un joint neuf posé sur une poussière résiduelle ne colle pas ; il se décollera par plaques au bout d'un hiver.

Vient l'humidification, l'étape que l'on saute et qu'il ne faut pas sauter. Un mur intérieur est sec, plus sec qu'une façade, et la pierre boit. Si vous posez un mortier de chaux sur une pierre assoiffée, l'eau du mortier part dans le support en quelques minutes, la chaux n'a plus de quoi carbonater correctement, et le joint devient poudreux. On pulvérise donc à l'eau claire, la veille pour les supports très absorbants, puis à nouveau juste avant la pose. La bonne cible : un support humide en profondeur mais mat en surface, sans film d'eau brillant.

Le mortier se prépare ferme, à peine humide — on parle de consistance terre humide : une poignée serrée doit former une boule qui ne coule pas et ne s'effrite pas. Trop d'eau, et le joint retrait, fissure, et coule sur la pierre. Les proportions et la manière de les tenir d'une gâchée à l'autre sont détaillées dans doser un mortier de chaux.

La pose se fait à la langue de chat ou au fer à joint, en garnissant du fond vers l'extérieur, par petites quantités bien serrées. On comprime : un joint serré est un joint qui dure. On remplit jusqu'à un léger retrait par rapport au nu de la pierre, quelques millimètres, sans jamais monter sur l'arête. Un joint qui déborde sur la pierre est la faute la plus visible et la plus difficile à rattraper une fois le mortier pris.

Puis on attend. Le serrage se fait quand le mortier a tiré, c'est-à-dire quand une pression du doigt laisse une empreinte sans coller : selon la température et l'humidité de la pièce, entre deux et huit heures. On repasse le fer pour fermer la surface. La finition brossée intervient plus tard encore, quand le joint est raffermi mais pas dur : on passe une brosse souple, en balayant, pour faire ressortir le grain du sable et effacer les traces de fer. Le joint prend alors une texture minérale, mate, qui ne renvoie pas la lumière comme un joint lissé. C'est cette texture qui fait qu'un mur intérieur dégagé ne ressemble pas à un mur de parement neuf.

Le nettoyage des pierres se fait dans la foulée, à la brosse sèche puis à l'éponge à peine humide, rincée souvent. Attendre le lendemain, c'est frotter du mortier durci sur une pierre poreuse et y laisser un voile blanc.

Ce que l'intérieur change : la vapeur vient de la pièce

C'est le point le plus mal compris, et celui qui décide de la tenue à cinq ans.

Sur une façade, l'eau vient de dehors : pluie battante, rejaillissement, remontées, et le mur sèche vers l'extérieur, aidé par le vent et le soleil. À l'intérieur, il n'y a pas de pluie. Il y a la vapeur d'eau que produisent les occupants, la cuisine, la douche, le linge qui sèche. Cette vapeur migre vers les surfaces froides et vers les parois perméables. Un mur de façade dégarni côté pièce est exactement cela : perméable, et plus froid que le reste.

Le séchage, lui, est plus lent qu'en façade. L'air intérieur bouge peu, il n'y a pas de vent, et en hiver l'air chaud d'une pièce peut être plus chargé en vapeur que l'air extérieur. Un mur intérieur mouillé — par une infiltration, par un dégât des eaux, par le mortier neuf lui-même — met des semaines à revenir à l'équilibre. Cela a deux conséquences pratiques. La première : après un jointoiement, il faut ventiler la pièce en continu pendant plusieurs semaines, sans chauffer fort et sans souffler d'air chaud directement sur le mur, faute de quoi la chaux sèche avant d'avoir carbonaté. La seconde : une pièce dégagée à la pierre doit être ventilée toute l'année, mécaniquement ou par ouverture régulière. Ce n'est pas un confort, c'est la condition de fonctionnement du mur.

D'où l'interdit central : aucun vernis, aucune résine, aucun hydrofuge, aucune peinture filmogène sur un mur intérieur dégagé. Ces produits sont vendus pour « fixer la poussière », « faire ressortir la pierre » ou « éviter que ça salisse ». Ils font tous la même chose : ils ferment la seule face du mur qui pouvait encore sécher vite. Un mur ancien dont la face extérieure est déjà entravée — enduit ciment, peinture plastique, imperméabilisant — et dont on ferme la face intérieure ne peut plus évacuer nulle part. L'eau reste dans la maçonnerie, migre vers les faiblesses, ressort en pied de mur, décolle le joint, pousse les sels au travers du film. Le mécanisme est le même que celui d'un enduit imperméable en façade, et il est décrit dans la perspirance.

Un mot sur la peinture : pour unifier un mur trop bavard, la seule famille compatible est le badigeon ou l'eau-forte de chaux. C'est minéral, perméable, cela éclaircit, cela patine, et cela se refait. Cela ne bloque rien.

Durée réelle, postes de prix, et ce que le devis doit dire

Sur la durée : un mur de trois mètres sur deux et demi, soit sept à huit mètres carrés, occupe une personne seule une bonne semaine de travail effectif si l'enduit se détache bien, deux si le mur a été repris au ciment. Ajoutez une journée de protection avant et une de remise en état après. Une équipe de deux professionnels tient le même mur en deux à trois jours : ils dégarnissent vite, gâchent en continu et évacuent au fur et à mesure. Puis il faut attendre — plusieurs semaines de ventilation avant de remettre des meubles contre le mur, et plusieurs mois avant que la chaux ait fini de carbonater en profondeur.

Sur le prix, aucun montant ne peut être donné à distance, et un chiffre lu sur un site ne vous servira à rien : la fourchette réelle dépend surtout de la dureté de ce qu'il faut retirer, qu'aucune photo ne révèle. Ce qui se chiffre, en revanche, se liste, et c'est cette liste qu'il faut retrouver sur un devis.

  • La protection et l'installation : vidage de la pièce, film et géotextile au sol, sas, obturation des ventilations, aspirateur à filtration fine. Un devis qui ne mentionne rien de tout cela ne l'a pas prévu, et la poussière ira dans toute la maison.
  • Le dégarnissage, au mètre carré, avec la profondeur annoncée et la mention explicite « à la main » ou « sans disque ». C'est le poste qui pèse le plus, et le seul qui peut doubler en cours de chantier : la nature du mortier existant doit être écrite, et une clause doit dire ce qui se passe si l'on trouve du ciment.
  • La dépose et le repositionnement des pierres instables, souvent oublié, toujours nécessaire.
  • L'évacuation des déblais : volume, contenant, et qui l'emmène. À l'intérieur, la sortie des gravats coûte du temps réel.
  • Le mortier : liant nommé (chaux aérienne, avec sa désignation), sable nommé avec sa provenance et sa granulométrie, absence explicite de ciment et d'adjuvant.
  • Le jointoiement et la finition : humidification préalable, mode de pose, type de finition (brossée, beurrée, affleurante), et la présence d'une surface témoin validée avant de faire le reste du mur.
  • Le nettoyage final de la pièce, distinct du nettoyage du mur.

Deux mentions doivent vous alerter en sens inverse : toute ligne évoquant un hydrofuge, un vernis, un durcisseur ou un « fixateur » sur un mur intérieur, et toute ligne parlant de ciment, même en petite proportion. Demandez à ce qu'elles soient retirées, ou changez d'interlocuteur.

Pour obtenir un chiffre qui vaut quelque chose : faites dégarnir un mètre carré témoin, avant tout devis global. Ce mètre carré vous donne la dureté réelle du mortier, la profondeur nécessaire, la quantité de déblais, l'aspect du mur nu, et la vitesse d'avancement. Un devis établi après ce test est un devis tenable. Un devis établi sur photo ne l'est pas, et il finira en avenant.

Questions fréquentes

Peut-on dégarnir un mur en pierre dans une salle de bains ou une cuisine ?

Dans une salle d'eau, non, s'il s'agit d'un mur de façade : la production de vapeur y est massive, la paroi devient froide, et vous créez la condition exacte de la condensation permanente. Dans une cuisine bien ventilée, c'est possible sur un refend, et déconseillé sur un mur extérieur, en particulier derrière un plan de cuisson. Il faut aussi accepter qu'un mur à joints creux ne se lave pas : les projections de graisse y restent.

Quelle profondeur faut-il creuser exactement, et comment le vérifier ?

Trois à quatre centimètres depuis le nu de la pierre, un peu plus si le mortier est très dégradé au-delà. Pour vérifier, fabriquez une jauge : une tige, un clou ou une baguette avec un repère à la profondeur voulue, et sondez à intervalles réguliers. À la fin du dégarnissage, un joint doit avoir des flancs sains, non pulvérulents ; si le mortier reste tendre au fond, creusez encore un peu.

Faut-il un enduit à la chaux ou seulement un joint ?

Cela dépend de ce que vous voulez voir. Le joint brossé en léger retrait laisse toute la pierre visible : c'est le traitement décrit ici. Un joint beurré, plus généreux, monte sur la pierre et adoucit un appareillage irrégulier. Plus le mur est irrégulier, plus il gagne à être garni généreusement.

Combien de temps avant de pouvoir remettre des meubles contre le mur ?

Comptez plusieurs semaines avant d'appuyer quoi que ce soit contre le mur, et de ne rien mettre qui empêche l'air de circuler à sa surface. La chaux aérienne carbonate lentement, de l'extérieur vers l'intérieur du joint ; un meuble plaqué contre un joint jeune ralentit la prise localement et laisse une bande plus tendre. Pendant cette période, ventilez la pièce sans chauffer fort.

Le mur poudre et laisse de la poussière : est-ce normal ?

Un léger farinage les premières semaines est courant et se règle au brossage. Une poussière qui revient à chaque passage de main, des mois après, signale un joint qui n'a pas fait prise : mortier posé trop mouillé, support non humidifié, pièce chauffée trop vite ou trop sèche pendant la prise. La réponse n'est jamais un produit de fixation, qui bloquerait la face intérieure du mur ; c'est de rouvrir les joints concernés et de les refaire dans les règles.

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Vieilles Pierres est un média indépendant consacré au bâti ancien. Les articles sont rédigés par la rédaction ; les photographies d'illustration sont générées et ne représentent pas des chantiers réels.